Au cours de notre vie, nous allons saigner en moyenne durant 40 ans, tous les mois, pendant 5 jours soit 2 400 jours de règles (rien que ça) ! Si certaines personnes choisissent aujourd’hui de se tourner vers le flux instinctif libre, la majorité opte pour une protection menstruelle. Et, malheureusement, les protections intimes conventionnelles ont bien des désavantages en comparaison des protections menstruelles lavables.

Le problème sanitaire des protections conventionnelles

Ce qu’on reproche aux marques conventionnelles ? Dissimulation & composition toxique ! Si dans le secteur des cosmétiques les marques ont pour obligation de noter la liste I.N.C.I. (liste des ingrédients) sur leurs produits, il n’en est rien pour les marques spécialisées dans le domaine de l’intimité. Jusqu’à il y a peu, personne ne se souciait donc de savoir ce qu’on introduisait dans notre vagin. Mais tout cela a changé dans les années 2010 suite à un évènement majeur aux Etats-Unis qui a conduit à un véritable soulèvement partout dans le monde, et notamment en France.

Le scandale des tampons

En 2012, Lauren Wasser, mannequin américaine de 24 ans est amputée de la jambe droite après avoir contracté le Syndrome du Choc Toxique*. La cause ? Un tampon resté trop longtemps. Son témoignage émeut et alerte le monde entier, dont Mélanie Doerflinger, une jeune étudiante française. En 2015, Mélanie décide à son tour de sensibiliser les gens au SCT en lançant une pétition contre le géant des tampons (Procter&Gamble qui commercialise la marque Tampax). Dans cette pétition (qui a récolté 307 001 signatures), elle réclame que la marque fasse clairement apparaître la composition de ses produits.

*voir ci-dessous la partie “Le Syndrome du Choc Toxique”

Ces deux évènements marquent un véritable tournant dans l’histoire, car ils ont permis de mettre en lumière un problème majeur : la composition des protections menstruelles conventionnelles. En effet, plusieurs études ont été menées en France (et ailleurs) suite à cette pétition, et elles ont toutes établi le manque de transparence des marques et la dangerosité de ces protections sur la santé.

Que retrouve-t-on dans les protections menstruelles ?

  • des traces de pesticides (notamment du glyphosate) / cancérigènes probables / culture du coton conventionnel
  • des traces de dioxines et furanes / toxiques pour le système immunitaire, nerveux et reproductif / processus de blanchiment au chlore
  • des phtalates / perturbateurs endocriniens / processus de fabrication (colles et additifs)
  • des HAP, hydrocarbures aromatiques polycycliques / cancérogènes et toxiques pour le système immunitaire / processus de fabrication et de conditionnement
  • du butylphénylméthylpropional ou BMHCA (Lilial®) / allergisant / ajout de parfum synthétique

Source : étude 2018-2019 par l’ANSES

Si l’ANSES recommande aux fabricants “d’éliminer, ou, à défaut, de réduire autant que possible la présence de ces substances”, il n’y a pour autant aucune restriction légale à ce jour car les seuils sanitaires établis pour cette étude ne prennent pas en compte la spécificité de la paroi vaginale. Celle-ci est très absorbante, notre organisme accumule donc plus facilement toutes ces substances toxiques. Et année après année, les marques prouvent que les recommandations ne suffisent pas, puisque les compositions ont peu changé, et ne sautent toujours pas aux yeux des consommateur.ice.xs.

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Le Syndrome du Choc Toxique

Le Syndrome du Chox Toxique (SCT) est une infection qui se créée lorsque les toxines (TSST-1) produites par le staphylocoque doré (bactérie naturellement présente sur la peau et les muqueuses) pénètrent dans le sang.

Le risque de développer cette infection est faible mais elle existe, et est plus important pour les personnes ayant des menstruations puisque les toxines se développent au contact du sang. Le risque de contracter le SCT augmente également avec l’utilisation de protections internes, puisque le sang stagne alors dans le vagin. Il est vrai que les protections conventionnelles ne sont pas directement mises en cause, puisque c’est surtout une mauvaise utilisation du produit qui mène le plus souvent au SCT. Quelle que soit la protection (jetable ou réutilisable), il n’y a pas de risque zéro. Mais, il faut reconnaître que les marques traditionnelles ne font pas en sorte d’alerter plus que ça sur les bons gestes à adopter et les risques encourus.

Les précautions à prendre pour éviter le Syndrome du Choc Toxique

  • Choisir un tampon dont l’absorption est adaptée à son flux menstruel
  • Se laver les mains avant l’insertion et après le retrait de sa protection
  • Respecter le temps de port des protections (max 6 heures pour les tampons, les serviettes jetables, les éponges menstruelles et les cup et 12 heures pour les culottes de règles et SHL)
  • Ne pas dormir avec une protection interne

Des tampons qui font flamber la carte bleue

Aujourd’hui, en France, les protections intimes sont considérées comme des produits de première nécessité, au même titre que l’eau, les denrées alimentaires ou les préservatifs. Mais cela n’a pas toujours été le cas.

Le cas de la “taxe tampon”

Il faut savoir qu’un produit acheté/vendu en France est assujetti à la TVA (taxe sur la valeur ajoutée), un impôt général facturé aux consommateur.ice.xs (intégré dans le prix final). Il s’agit de la principale source de revenus de l’Etat. Le taux de TVA n’est pas le même selon la catégorie de produits ou services. Il va de 2,1% à 20% (taux de base) et est de 5,5% pour les produits de première nécessité.

Jusqu’à il y a peu, les protections intimes n’étaient pas considérées comme des produits de première nécessité, mais comme des produits de luxe et étaient donc taxés à 20%. C’est au collectif féministe Georgette Sand que nous devons la baisse de cette TVA en décembre 2015.

Avoir ses règles, ce n’est pas optionnel

Collectif Georgette Sand

Cette fameuse “taxe tampon” comme on l’appelle couramment existe dans le monde entier, et son taux est très variable. Elle atteint même plus de 20% dans des pays comme la Hongrie, la Suède et l’Argentine. Finalement, la France fait partie des pays avec le taux le plus faible, tout comme la Colombie et le Royaume-Unis. (Source : Statista)

En France, cette baisse a donc été une réelle avancée puisqu’il était nécessaire de faire reconnaître le caractère essentiel des protections menstruelles. Pourtant, malgré cette mesure, les protections intimes restent des produits chers et profite finalement peu aux consommateur.ice.xs. Pourquoi ? Tout simplement parce que les marques n’ont pas pour autant baissé leur prix ! Autrement dit, les fabricants et les distributeurs se font encore plus d’argent sur notre dos.

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Vers la gratuité des protections menstruelles

Même si les protections réutilisables ont de nombreux avantages par rapport aux protections traditionnelles, elles ne sont pourtant pas accessibles à tout le monde. Car il existe une réalité qui fait froid dans le dos, c’est celle de la précarité menstruelle.

La véritable revendication aujourd’hui, c’est donc la gratuité de ces protections afin que personne ne mette en péril sa santé. Car les personnes précaires et les sans-abris ne peuvent se permettre d’acheter des protections lavables ou biologiques, et doivent forcément se rabattre sur des tampons et serviettes conventionnelles avec des compositions douteuses.

Je tiens à noter que la plupart des marques de protections réutilisables font des dons réguliers à des associations (plutôt que d’augmenter leur marge).

Supprimer la taxe tampon, c’est possible ? Oui, puisque plusieurs pays le font déjà. C’est le cas de l’Australie, du Canada, de l’Irlande, du Kenya et de la Tanzanie.

En France, les choses avancent petit à petit :

  • Une mutuelle étudiante propose le remboursement des protections.
  • Le ministre de l’enseignement supérieur a récemment annoncé la mise en place de 1 500 distributeurs de protections menstruelles gratuites dans les résidences Crous et les services de santé étudiantes.
  • Plusieurs entreprises ont décidé de munir leurs toilettes de distributeurs gratuits de tampons et serviettes.
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Les conséquences écologiques des protections jetables

Vous ne le savez peut-être pas mais les protections jetables sont problématiques tout au long de leur cycle de vie. De leur production à la gestion de leur fin de vie, les tampons et serviettes conventionnelles sont une grande source de pollution pour l’environnement.

Plus de 45 milliards de serviettes et tampons sont jetés chaque année dans le monde

Planetoscope

En effet, ces protections sont composées de plastique, une matière issue de l’industrie pétrochimique qui demande beaucoup de ressources non renouvelables et pollue l’atmosphère. Quant au coton conventionnel présent dans ces protections, il a beau être d’origine naturelle, il n’en est pas moins énergivore et très gourmand en eau, en plus d’être cultivé aux pesticides. Sans compter l’ajout de toutes les autres substances chimiques comme le chlore ou les parfums synthétiques qui créent un joyeux cocktail explosif pour l’ensemble de la biodiversité.

Le comble de ces protections, c’est qu’elles sont vouées à être jetées après une seule utilisation. Il s’agit donc de créer un déchet, enfin des déchets (n’oublions pas les applicateurs, les emballages, les bandes collantes…) et pas n’importe lesquels, puisqu’on parle ici de produits qui mettent environ 500 ans à se dégrader. Entre leur composition et le flux menstruel, il est impossible de recycler les protections menstruelles jetables. Elles finissent donc automatiquement incinérées ou enfouies ou pire dans les toilettes et la nature, où elles vont continuer de polluer l’air, le sol et l’eau.

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3 avantages des protections menstruelles lavables

  1. Elles sont saines

    Contrairement aux marques conventionnelles, les marques de protections menstruelles réutilisables se soucient réellement de notre santé. Elles font toujours de leur mieux pour afficher clairement la composition et même le processus de fabrication de leurs produits. Elles choisissent également avec attention les matières premières utilisées (naturelles ou certifiées non toxiques, sans ajout de produits allergisant, etc.).

  2. Elles sont économiques

    Même si certaines protections lavables (comme les culottes menstruelles) demandent un certain budget de départ, elles restent quoi qu’il arrive plus économiques que les protections traditionnelles. On dépense en moyenne 10 euros par mois soit 12 000 euros par an ou encore 480 000 euros au cours de sa vie pour des protections jetables mais aussi des médicaments, du linge de lit…(Source : Le Monde). Les chiffres sont évidemment des estimations, puisque nous n’avons pas les mêmes besoins (flux menstruel, douleurs, maladie, etc.). Si vous souhaitez connaître les économies réalisées avec des protections réutilisables, je vous invite à utiliser le calculateur d’économies de la marque Elia !

  3. Elles sont écologiques

    Si les protections menstruelles réutilisables ne sont pas éternelles, elles sont en revanche bien “zéro déchet” puisqu’elles ne sont pas vouées à être utilisées qu’une seule fois. Certaines protections ont une durée de vie de 3 à 5 ans, et d’autres de 10 ans ! Avec des matériaux plus naturels et moins polluants, la production de ces protections est également beaucoup moins polluante que celle des tampons et serviettes jetables. Concernant leur fin de vie, le recyclage est possible, mais pas toujours systématique car assez compliqué. Cependant, cette filière est en continuel développement et qu’il y a de grandes chances pour que des matériaux comme le silicone médical soient de plus en plus faciles à recycler. Ce qui est certain, c’est que les protections menstruelles zéro déchet (même si elles nécessitent de l’eau pour l’entretien) seront toujours plus écologiques que les protections traditionnelles jetables dont la seule production est déjà un désastre environnemental.
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Maintenant que vous connaissez les avantages des protections menstruelles réutilisables, vous devez vous demander quelles sont ces alternatives aux protections conventionnelles ? Rassurez-vous, je vous ai préparé un article comparatif pour vous aider à choisir la ou les protections lavables qui vous conviendront le mieux.


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